3/06/2007 - 300km - 14h
Il me reste encore quelques 300 km à parcourir, en bus...
Je pars de Siem Reap, à une petite centaine de kilomètres de la frontière thaïlandaise.
Le départ est prévu pour 7h. A 7h, le chauffeur du bus et ses acolytes s'interrogent sur comment faire rentrer une trentaine de passagers plus une soixantaine de bagages plus quelques colis plus 2 employés de la compagnie de bus (dont je comprendrai la fonction plus tard) plus une lampe à pied de couleur "jaune moche" (dont je ne comprendrai sûrement jamais la présence là). Tout est question d'agencement (je pense à papa...) et de bon sens : les sacs sont méticuleusement empilés. Des sacs sont mis dans l'allée, des gens peuvent s'en servir de siège.
 Dans le bus, je retrouve des fauteuils en skai. Une grande carte du Cambodge, en français, remplace la télé. La carte est très belle, elle date probablement de l'administration française de l'Indochine. Je suis au premier rang avec Nami, c'est super pour voir les paysages et surtout pour pouvoir se préparer à amortir les chocs. La route est dans un état inimaginable. Cela devrait être un axe majeur pour la croissance du Cambodge, pour le commerce, etc... mais il se dit qu'une certaine compagnie aérienne paie des pots-de-vin au gouvernement cambodgien pour qu'il ne s'occupe pas de cet axe ! La route est de la terre battue, avec des trous énormes et des crevasses. Le bus met 10h pour arriver à la frontière (environ 1/4 du trajet). On commence par s'arrêter dans un garage pour regonfler les pneus. Puis, on crève. On s'arrête dans un autre petit garage de bord de route (j'ai l'impression que c'est l'activité la plus fructueuse le long de cet "axe" routier). Ils enlèvent la roue, la démontent. Les gestes sont précis et s'enchaînent. Les employés du garage-paillotte allument un feu et font fondre une partie de la chambre, ils la plongent ensuite dans une marre boueuse et remontent la roue... Nous voilà repartis, mais on s'arrête une demi-heure après pour refroidir le moteur à grand renfort d'eau et pour un check-up des roues, du moteur (et des essuie-glaces !... pourquoi ?). On ne s'arrêtera finalement (et heureusement) qu'une fois de plus avant la frontière pour regonfler les roues. Pendant tout le trajet, les deux employés de la compagnie de bus ont la tête par la fenêtre et surveillent la route/les roues/le moteur... On avait payé 1$ de plus pour avoir un bus avec clim. Finalement, on a un bus avec ventilo pas trop chaud. A mi-trajet, le chauffeur arrête les ventilos. On étouffe. On lui demande de les rallumer et il répond tout naturellement qu'il les arrête car sinon on n'aura pas assez d'essence pour aller jusqu'à la prochaine station service, à la frontière... C'est folklo !
Arrivés à Poipet, la ville frontière, on fait la queue pour se faire tamponner les visas. On essaie une fois de plus de m'extorquer une vingtaine de dollars. Le douanier cambodgien qui parle très bien anglais veut voir mon carnet de santé avec mes vaccinations. Non mais je rêve, pour sortir du territoire !!!... Imperturbable, je lui sors mon petit carnet de vaccination. Il semble assez surpris. Là, il me dit qu'il veut voir ma vaccination contre la fièvre jaune (je pense que peu de gens sont vaccinés...). Imperturbable, je la lui montre. Il semble encore plus surpris. Il ajoute qu'il veut voir ma vaccination contre le SRAS !!! Non, mais je rêve ou quoi ! Là, je sors un peu de mes gonds (pas trop quand même parce que je suis non plus dans une situation très confortable...) et je lui demande 1) depuis quand le vaccin contre le SRAS existe ; 2) depuis quand il s'inquiète pour les questions sanitaires thaïlandaises ; 3) quel est son nom pour que je puisse enquêter auprès de son ministère ; 4) quelle est son "salaire" quotidien grâce à l'extorsion de dollars aux touristes qui se la ferment. Il s'arrête net, prend mon passeport, me rend mon carnet de vaccinations, tamponne mon passeport et me le rend.
Ca y est, je peux aller au poste de frontière thaïlandais ! En faisant la queue, un touriste me parle de douaniers thaïlandais également pourris qui réclament des justificatifs de vaccination. Finalement, je passe la frontière thaï sans autre souci. On reprend le bus. Cette fois, on roule sur une "vraie" route nationale. J'arrive à Bangkok de nuit. Nami connaît bien la ville alors je me laisse guider vers une auberge de jeunesse pas chère et très propre. On partage la chambre. C'est sympa. On s'endort en parlant de la politesse japonaise.
Finalement, c'est quand je fais du bus que j'ai le plus de choses à raconter...
|
|
Poster un Commentaire !
|
3/06/2007 - ... |
| Posté par BizigDu |
J'adore lire tes aventures, Julie !
J'espère que tu auras maintes fois l'occase de prendre le bus et de passer les frontières.
Plaisanteries mises à part, grâce à (ou à cause de) toi, j'ai vraiment très envie d'aller à Angkor maintenant.
|
| Lien Permanent |
|
Une citation
Avant Grenoble, j'étais un[e] aventurier[e], à Grenoble j'étais un[e] Prince[sse] - Napoléon
Une photo
Une peinture
Connexions
|